Pour plusieurs personnes qui ressentent des douleurs génito-pelviennes, le rétablissement devient le plus optimal lorsque combiné à différents types de traitement, dont la rééducation périnéale et la sexothérapie. Si la personne peut se l’offrir et dispose des ressources nécessaires, le traitement interdisciplinaire est bénéfique puisqu’il prend soin de plusieurs dimensions de la vie de l’individu. Consulter en sexologie (en relation d’aide avec un.e sexologue ou en psychothérapie avec un.e sexologue et psychothérapeute) est une option pertinente dans le cas des douleurs génito-pelviennes, afin de profiter d’un espace sécuritaire et bienveillant dans lequel le vécu et le ressenti sont accueillis et validés.

 

Il est commun qu’une fois rétablis, les gens qui souffraient de douleurs génito-pelviennes remarquent tout de même des difficultés durant l’intimité (seul.e ou à deux). Face à une diminution remarquable des douleurs physiques, il arrive qu’une personne vive un blocage dans un contexte sexuel, même si le corps semble moins endolori. C’est que nous sommes beaucoup plus qu’un corps. Beaucoup plus complexe qu’un système reproducteur et des organes génitaux. Notre esprit, nos pensées, notre tête et tout notre cerveau sont impliqués dans l’intimité sexuelle, ces derniers jouant directement sur le fonctionnement sexuel et la capacité à moduler son excitation et son désir. Encore plus lorsque le corps n’est pas associé à du plaisir et de la détente, mais plutôt à de la douleur, de la rigidité et de la tension.

 

Aborder la sphère cognitive, affective et relationnelle permet d’approfondir le blocage et la résistance que plusieurs personnes expérimentent suite aux douleurs génito-pelviennes. La dyspareunie, le vaginisme et la vulvodynie sont quelques exemples connus dans lesquels l’estime de soi, la confiance, l’agentivité sexuelle (la capacité à prendre en charge son corps et sa sexualité) sont affectées. Les concepts de féminité et masculinité sont aussi à travailler, la performance sexuelle selon le genre étant présente dans la sexualité de plusieurs.

 

Lorsqu’en couple, on observe des impacts sur la dynamique des partenaires, la prise d’initiative, la culpabilité, l’évitement de la sexualité et la diminution du désir sexuel. Les difficultés communicationnelles sont au cœur de la problématique, les partenaires ayant emprunté des raccourcis et des présomptions avec le temps. Il importe d’identifier le déséquilibre dans le couple et de nommer les interférences à la rencontre sexuelle. Il ne s’agit que de quelques thématiques souvent touchées par les conséquences des douleurs génito-pelviennes.

 

Dans bien des cas, les rencontres en sexologie et en psychothérapie agiront comme une réconciliation avec le corps et l’esprit, la personne sentant une meilleure connexion avec ces différentes parties d’elle-même. Beaucoup d’individus font confiance à leur partenaire, d’autres font davantage confiance à leur tête, et certains plus à leur corps. Mais pour la plupart, faire confiance à toutes ces composantes n’est pas évident. L’auto-réconfort et l’auto-compassion sont des alliés non-négociables dans ce processus. Chacun et chacune mérite amplement d’optimiser son bien-être, ce dernier n’étant pas isolé de la santé sexuelle.